samedi 5 mai 2012

Vendredi 04 mai : la côte almafitaine vous plaque entre la falaise et la mer.

Vendredi est un jour souvent attendu pour l'élève; il évoque la fin de la semaine, le début du week-end. Mais celui-ci possède l'amertume de la fin du séjour.

Ce matin, pour repousser le départ, nous fuyons vers le sud, pourchassant le soleil, les citronniers, orangers, amandiers et oliviers dans les entrelacs rocheux et protecteurs de la côte almafitaine.

Entre les deux golfes, de Naples et de Salerne, observée par le sombre Vésuve et Capri la lumineuse, il existe une côte sauvage, escarpée, aux rochers laiteux à l'aspect fantastique. On les voit soit plonger à pic dans l'azur méditerranéen, soit surgir comme la main d'un de ses titans vaincus par les dieux  antiques.

Les lacets déroutants de la côte en corniche jouent avec notre regard : ils délivrent un large paysage de falaises aux flancs acérés , fouettés par les vents, déchiquetés par les lames marines. Puis ils ferment la vue pour jeter le bus dans l'inconnu du virage suivant.
Il faut se retourner pour comprendre que tout un décor se déploie, vertigineux et profond à la fois. Des petits rectangles de couleurs rampent, maladroits et hésitants, sur les rares espaces concédés à l'homme par la côte : ce sont les bus , ce sont nos bus. Quelle meilleure prédication que celle de cette lente procession pour convaincre de la beauté des paysages qui nous entourent.



Et pourtant, là où la nature semble dominante, à la fois âpre et luxuriante, l'homme a imprimé sa marque, son empreinte civilisationnelle. les villages de pêcheurs ont laissé la place à des hauts lieux du tourisme littoral campanien. Une jet set en sandales, à la mode positanienne, pose de luxueuses villas sur des pitons escarpés. Positano, Amalfi, Atrani, Sofia Loren et Campanie.
Les sociétés humaines, antiques et médiévales, ont accroché à ce relief accidenté leurs maisons, leurs jardins, leur vie et même leurs morts que l'on porte sur le dos le jour de leur dernier voyage.


Il s'agit, sans doute, d'un des rares endroits au monde conçu sur un axe vertical auquel les hommes se sont tenus pour mieux se jeter au loin dans la mer, pour toucher l'horizon, pour tutoyer l’indicible. 

A Denise Di Manno, Merci.


Régis Renouleaud

L'après midi: départ pour Agen! Environ 24 heures de bus.

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